Petite hache de guerre

Petite hache de guerre, dans le "style du fleuve Rouge"

Cette hache à lame oblique et tranchant rectiligne est une variante de la « botte de
mandarin ». Le talon est
toujours à angle droit, avec le tranchant rectiligne en bas, toutefois l’extrémité de l’arme,
légèrement recourbée, pointue, ne se relève pas en un haut appendice. Nous sommes dans le « style du fleuve Rouge ».

La douille n’est pas ornée. Sur le plat, le décor ne laisse qu’une bande lisse sur le
pourtour. Il est cerné sur trois côtés d’un cadre montrant des motifs en dents de scie
alternés, que l’on pourrait prendre pour un zigzag. Dans l’angle droit, le motif s’interrompt
pour laisser place à un losange (canarium). Vers la pointe, un dessin ressemblant à un
grand C regardant vers la gauche est suivi d’un triangle.

Là où le cadre de dents de scie s’interrompt, en haut, est placée la représentation d’une
feuille lenticulaire et verticale, contenant un oiseau plongeant tête la première vers le bas,
motif courant dans l’art de Dông Son.

Dans l’encadrement de dents de scie, un cervidé ou capriné solitaire, debout, regarde vers
la pointe de la hache. Devant son museau, l’horror vacui de l’artisan lui a fait placer un
triangle, entourant un point triangulaire lui aussi. Cette sorte de décoration, avec l’image
du cervidé, est très répandue et va s’avérer très stable au cours des siècles.

Fait important : la plupart des représentations de haches de guerre placées dans la main
de guerriers figurant sur les bateaux des tambours et situles de bronze, ou parfois sur le
manche des poignards, appartiennent à ce type de hache à talon droit. Il en existe des
exemplaires dans plusieurs musées et collections privées au Vietnam, au Musée
archéologique d’Extrême-Orient de Stockholm, et au musée Guimet à Paris.

Édité par Jean Paul Barbier-Mueller