Tambour miniature

Tambour miniature

Minuscule objet, purement symbolique. Les tambours, les récipients de bronze, les vases
apparaissent en grand nombre dans les tombes de la région de Thanh Hoa vers la fin de la
dynastie des Han occidentaux, puis de la dynastie des Han orientaux (Ier siècle avant
J.-C.– IIIe siècle après J.-C.).

Le tympan du tambour est ici décoré au centre d’une étoile
à quatorze rayons, nombre anormalement élevé. Entre ceux-ci, dans les triangles habituellement vides ou portant (rarement, dans les grands tambours) un visage stylisé, se
trouvent des hachures obliques en creux. Au centre, une petite boucle de suspension.

La caisse est entièrement concave, sans partie supérieure convexe. Peu décorée, elle
comporte un motif de haut intérêt : la représentation, dans un cadre formé de cinq lignes
verticales enfermant deux rangées de dents de scie placées face à face, horizontalement,
d’une maison au toit relevé aux deux faîtes, le centre étant incurvé (saddle roof en anglais).

Ces maisons se voient encore aujourd’hui en Insulinde, notamment chez les Toraja de
Sulawesi et les Toba Batak de Sumatra. On les retrouve jusqu’en Nouvelle-Guinée, dans
la région du Sepik, ainsi que dans certaines îles de la Micronésie, mais, si le toit garde la
même forme, elles ne sont pas toujours juchées sur de hauts pilotis. Elles sont
représentées souvent sur les caisses ou même le tympan des tambours de grande
dimension, en « vue radiographique », c’est-à-dire que les habitants et le mobilier, dont
des tambours, sont bien visibles, comme si les parois n’existaient pas. Nous appellerons
désormais ces bâtisses « maisons de type indonésien ».

Le tambour possède deux petites
paires d’anses. Ce type d’objet était conservé dans des grottes, ou transmis de génération
en génération dans les familles de chamans des régions montagneuses du Vietnam. On en
a découvert dans des tombes, comme présents funéraires.

Publ. : Viêt 2006, fig. 3.

Édité et complété par Jean Paul Barbier-Mueller