Vase cylindrique à trois pieds avec couvercle

Vase cylindrique à trois pieds avec couvercle

Ce genre de récipient est marqué par l’influence des réceptacles cylindriques tripodes lian
de la dynastie des Han occidentaux (206 avant J.-C. - 9 après J.-C.), avec leurs trois pieds
en forme d’animaux non identifiables, trapus, les têtes de monstre tao t’ie en paire sur les
flancs, dont le museau se prolonge par un anneau où est fixée une boucle mobile de
préhension ou de suspension, et une autre boucle attachée à l’autre anneau placé au
milieu du couvercle.

Ce dernier est décoré, en frise, dans le sens des aiguilles d’une montre, d’une procession
d’oiseaux inscrits en négatif. Les flancs du réceptacle comportent trois registres, séparés
par un double ruban concave. Le premier fait voir un défilé de paons. Le deuxième
comporte quatre barques, avec leur équipage de personnages hautement stylisés : ce ne
sont plus que deux bouquets de plumes, l’un à la place des fesses et les deux autres à la
place du torse et de la tête (à l’arrière une touffe large, à l’avant une mince). Au milieu de
ce bouquet, un petit cercle pointé est peut-être le souvenir de l’œil ? Des poissons sont
figurés dans les vides au bas du registre.

Le troisième registre apporte la preuve d’une fabrication probablement faite en série, sans
grande imagination. Tous les caprinés, identiques, regardent vers la droite ; ils sont debout,
la tête haute, et leur pelage est indiqué par de petits traits.

Les images sont, dans la tradition de Dông Son, en creux, ce qui signifie qu’ils figuraient
en relief sur la cire ou le moule en argile, suivant l’interprétation faite du procédé de fonte
(pour le Dr Nguyên Viêt, c’est le premier que l’on doit retenir et l’éditeur pense qu’il a
raison, étant appuyé par des savants aussi prestigieux que Bellwood, pour ne parler que
de celui qui est notre contemporain). La découverte de récipients de bronze identiques au
Yunnan (Chine), à Son La (Vietnam), l’existence de ce vase et de celui exposé au musée Guimet à Paris témoignent de la réalité d’un style Dông Son-Han dans les régions
montagneuses des sources des fleuves Rouge et Dà.

Publ. : Viêt 2008, pl. III.4 (comme « vase cylindrique jiuzun ») ; l’auteur ajoute (p. 14) que
les zun servaient à réchauffer l’alcool et qu’on en a encore mis au jour au Guangxi et au
Guangdong, donc sur tout le territoire du royaume de Nam Viêt.

Édité par Jean Paul Barbier-Mueller