Boucle de ceinture ajourée

Boucle de ceinture ajourée

Caractéristique du Caucase, ce type de plaque ajourée coulée en bronze combine des
traits empruntés à l’art des steppes avec une tradition animalière locale qui remonte au
Bronze final et qu’illustrent, à l’aube du Ier millénaire avant J.-C., les bronzes de Koban et
de Colchide. Le style en est très particulier et le schéma décoratif quasiment immuable. Le
cadre carré, ponctué aux angles de bosses rondes ou coniques en fort relief, est fait d’une
bande ornée d’un motif de spirales, de chevrons ou, comme ici, de chaînettes tressées.

S’y inscrivent des figures animales, et parfois un cavalier dans un réseau dense de motifs
en volutes [1]. Ici, l’animal, de profil vers la droite, est doté de cornes de face. Mais la queue
est celle d’un cheval et l’on devine un semblant de crinière. L’accent est mis sur la croupe
puissante qui saille, ainsi que sur l’épaule, l’une et l’autre marquées de cercles
concentriques.

La courte échine qui s’incurve d’un coup et le ventre creusé résument le corps à une
ondulation en S d’un grand dynamisme. Tête et jambes sont à peine esquissées. Le motif
tressé du cadre est repris en écho sur les cornes, la queue, et le large bandeau qui souligne
l’encolure. Deux animaux (chiens ?) apparaissent l’un sous le ventre, l’autre dressé devant
le poitrail. Dans le coin supérieur gauche, une créature (taureau ?) aux cornes cannelées
en torsades, à la queue enroulée sur l’échine, prend appui sur l’animal principal comme
pour bondir. Son attitude complexe, croupe de profil, tête de face débordant nettement du
cadre, avant-train vu comme de dessus, confirme une production tardive à l’intérieur de
ce groupe d’objets.

Objet de débats [2], la datation de ces plaques à l’époque sarmate (IIIe siècle avant J.-C.–
IIe siècle après J.-C.) est aujourd’hui bien confirmée par des fouilles récentes [3]. Et leur
fonction originelle de boucle de ceinture semble attestée par le fait qu’on les trouve à la
hauteur du bassin et souvent munies au revers d’une boucle et d’un crochet.

Publ. : Zimmermann 1991, p. 162-163 ; Barbier-Mueller 1996, fig. 34, p. 26, et n°84, p. 68.

[1Voir Bunker et al. 1970, p. 47, n°32 a et b.

[2Ainsi dans cat. exp. San Antonio et Paris 1999-2001, où, pour une plaque analogue (n°7, p. 109), est
proposée la date de VIIe-Ve siècle avant J.-C.

[3Nécropoles de Tli, Styrfaz, Panknet et de Sokhta ; voir Volnaja 2003, p. 228-239, et Tekhov 2006, chap. 7.