Sphinge assise

Sphinge assise

La statuette, qui décorait probablement un ustensile quelconque, vase ou trépied d’une
taille imposante, affecte la forme d’une sphinge, monstre orientalisant bien implanté dans
la mythologie ainsi que dans l’imagerie des Grecs, où il s’impose comme génie funéraire.

Il
se présente ici sous la forme d’un animal gardien et protecteur, assis aux aguets, la queue
en panache. Les formes sont à la fois souplement élancées et solidement rythmées par les
divisions de l’image : l’encolure, la structure de l’aile, le squelette et l’enveloppe musculaire
du corps et des pattes puissantes. La construction du motif obéit à l’esthétique qui prévaut
à la fin de la période archaïque, dans les dernières années du VIe siècle avant J.-C.

La tête
de ce gracieux monstre femelle, avec d’épaisses mèches parotides, pourrait se retrouver
sur le corps des koraï que les sculpteurs grecs créent à la même période dans le bronze
ou le marbre.

Publ. : Zimmermann 1991, p. 94-95.