Tête de griffon

Tête de griffon

Cette tête de griffon appartient à une riche série d’objets qui se présentent comme les symboles d’une certaine période, celle où l’art grec se trouve au contact le plus fréquent avec les arts de l’Orient. C’est de l’est en effet que viennent toutes sortes de nouveautés, tant techniques qu’iconographiques.

L’objet concerné est une fonte à la cire perdue, dont les Grecs apprennent à maîtriser le procédé auprès des bronziers orientaux, et le griffon, monstre fabuleux qui tient du lion pour le corps et de l’aigle pour la tête, vient également du bestiaire de l’Est.

Le griffon de bronze était fait pour décorer, avec cinq têtes du même genre, l’épaule du chaudron à protomés animaux qui remplace, à partir de la fin du VIIIe siècle avant J.-C., le chaudron géométrique à anses circulaires. La tête en bronze montre comment l’artiste grec métamorphose le motif oriental en introduisant l’harmonie dans une image qui était conçue pour inspirer la crainte. Courbes et contre-courbes composent un ensemble bien équilibré, que domine le profil vertical des oreilles et du bouton frontal. L’orbite aujourd’hui vide était garnie d’une pièce en os, avec une prunelle de verre. Conçus à l’origine comme des ustensiles, ces chaudrons, dont la taille pouvait atteindre des proportions considérables, sont offerts comme ex-voto dans les grands sanctuaires panhelléniques.

Publ. : Zimmermann 1991, p. 90-91.