Rhyton en forme de zébu

Rhyton en forme de zébu

Selon Hérodote, le Guilan aurait été peuplé dès la fin du IIe millénaire avant notre ère par
les Mardes. Toujours selon Hérodote, le fleuve Safid Rud aurait été appelé « Amarde ».

L’archéologue iranien Ali Hakemi [1], qui a fouillé le site de Kaluraz, n’hésite pas à voir dans
les Mardes les auteurs de la culture dite « de Marlik », la nécropole la plus célèbre de la
région, située dans la vallée du Gohar Rud (« Rivière de Cristal »), un affluent du Safid
Rud, fouillée par Ezat O. Negahban [2].

D’autres archéologues, sans nier la présence des
Mardes, croient à une fusion culturelle avec des peuples plus anciennement établis dans
les monts Elbourz et dans la plaine fertile qui les séparent de la mer Caspienne. De
nombreux traits communs sont aussi à relever avec des sites de l’Ouest iranien, dans la
première moitié du Ier millénaire.

Néanmoins, les céramistes du Guilan sont les seuls à
avoir créé des récipients d’usage cultuel et funéraire zoomorphes d’une variété aussi
extraordinaire : zébus surtout, cervidés, béliers, dont on retrouve les représentations en
bronze, sous forme d’amulettes.

Nous ignorons tout de la religion liée à ces représentations, et par conséquent la
signification et la fonction des objets de céramique et de métal. On peut se contenter de
remarquer que tous les rhytons [3] représentent des quadrupèdes dont la gueule est
allongée, de manière à former un « bec verseur », apte à effectuer certaines libations en
faisant couler le liquide sacré avec précision, en un mince filet, comme le permettaient
mieux encore les vases à très long bec verseur en bronze que l’on retrouve, identiques,
dans tant de sites de la même époque, notamment Sialk, ou les nécropoles du Luristan
entier, et dont un exemplaire figure ici (voir p. 385).

Publ. : Zimmermann 1991, p. 74-75 ; Barbier 2000, p. 250.

[1Hakemi 1968, p. 63 sq.

[2Le rapport complet, en deux volumes, a été publié en 1996 par l’université de Philadelphie.

[3Negahban 1996, II, pl. 36 à 40.