Mortier en pierre en forme d'échidné

Mortier en pierre en forme d’échidné

En Nouvelle-Guinée, l’usage de mortiers est ancien. On les
trouve, le plus souvent, dans les régions où les taros sont les
tubercules les plus cultivés. Ces mortiers servaient probablement
à la préparation d’un mélange de chairs de taro et de bananes,
nourriture qui accompagnait les échanges cérémoniels.
L’abandon de leur usage coïncide probablement avec l’introduction
de la patate douce.

Jusqu’à une époque récente, ils étaient
toujours fabriqués dans la vallée de Goroka. D’autres mortiers
datent de l’époque préhistorique. Ils sont surtout originaires des
Hautes Terres. Il n’est pas rare qu’ils soient retrouvés lors de travaux
de drainage ou de l’ouverture de jardins. Précieusement
conservés, ils se transmettaient de pères en fils. Associés aux
esprits, ils sont utilisés lors des rituels liés à la fertilité. Ils portent
ainsi des traces de peinture, le plus souvent rouge. Dans certaines
régions des Hautes Terres, ces mortiers sont conservés dans
des enclos spéciaux ou enterrés.

Dater les pierres sculptées et
les mortiers est un exercice périlleux. Nous manquons de données
archéologiques précises et de séries signifiantes pour pouvoir
établir une chronologie et une répartition dans l’espace de ces objets en fonction de leurs motifs et de la qualité de leurs
pierres.

Très souvent, les mortiers portent des figures animales,
plus rarement humaines. Celui de la collection Barbier-Mueller
fait indubitablement référence à une figure animale sans que l’on
puisse, comme c’est souvent le cas, lui attribuer une espèce précise.
Est-ce un échidné ? Un marsupial ? Nous voici réduits à des
hypothèses. Tout comme nous sommes réduits à nous interroger
sur le sens symbolique de ces figures. Ces objets laissent pourtant
entrevoir une constante dans l’art de la Nouvelle-Guinée : la
référence au monde animal comme source et modèle par lesquels
les sociétés traduisent symboliquement les éléments plus
signifiants de leurs représentations.