Figure anthropomorphe masculine

Figure anthropomorphe masculine

Originaire du district Maprik, cette sculpture monoxyle représente une figure masculine dont les peintures et ornements corporels sont figurés par la polychromie et les reliefs. Tête, tronc et jambes forment trois zones de dimensions à peu près égales, délimitées par le relief prononcé des épaules et des bras.

Le visage étroit, aux yeux en saillie et aux sourcils en léger relief, présente un nez dessiné par une ligne droite descendant jusqu’au bas du visage. La bouche, petite et étroite, laisse entrevoir la langue. Le visage, entouré d’une corolle aux motifs évoquant barbe et chevelure, est surmonté d’un ornement, peut-être une plume. Les formes sont rendues ambiguës pour créer des métaphores visuelles, tels la sinuosité des bras évoquant des serpents ou le crochet situé au niveau de la gorge rappelant le bec d’un oiseau.

Ainsi, le cochon à l’arrière du cou, dont la forme évoque simultanément celle d’un tambour à fente, est particulièrement important. Outre une population de cochons sauvages, occasionnellement chassés par les hommes, certains étaient aussi élevés par les femmes. Les deux types jouaient un rôle important dans le contexte abelam (ainsi qu’ailleurs en Nouvelle-Guinée) et formaient l’aliment par excellence des occasions cérémonielles et/ou rituelles organisées par les hommes. Élevés en semi-liberté, les cochons étaient échangés entre partenaires cérémoniels, mais aussi pour résoudre des conflits ou sceller en secret des alliances magiques. Ainsi, outre leurs qualités alimentaires, les cochons étaient des médiateurs, matérialisant les liens entre les sexes, les individus, les clans ou les villages, agissant ainsi comme symboles de la puissance procréatrice du clan.

Causant régulièrement des dégâts aux cultures, les cochons domestiques et sauvages de la région de Maprik furent exterminés dans les années 1990. Seuls quelques-uns furent rassemblés dans des enclos, créant une pénurie de viande cérémonielle, aujourd’hui parfois remplacée par des conserves de viande et de poisson importées.