Masque d'initiation

Masque d’initiation

Les îles Vitu, archipel situé à l’ouest de la Nouvelle-Bretagne, entretiennent depuis longtemps des
relations commerciales avec l’Occident et, par cet intermédiaire, avec le complexe commercial de Tami-Siassi, qui a peut-être influencé la vision du monde et les critères esthétiques de ces populations indigènes.

Néanmoins, les grands masques d’initiation portés
sur les épaules par des danseurs vêtus, en partie du
moins, d’un pagne en feuilles de palmier, présentent
un caractère exceptionnel.

La structure du masque, composée de rotin et parfois
de bambou, est recouverte d’un tissu d’écorce
résistant. Partant d’un front bas, le masque descend
en forme de triangle sur un long nez richement
orné, dont le septum percé est orné d’une grande
fibule horizontale en bois léger. Les yeux rapprochés
sont confectionnés dans le même matériau et
soulignés par des pupilles noires ; la bouche ouverte,
munie de dents faites de petites baguettes de bois,
se termine par une grande langue (ou une lèvre
inférieure) qui sort à l’horizontale. Le front et le
grand nez sont peints en blanc, tandis que des
lignes rouges soulignent la zone de la bouche et des
yeux ainsi que la « couronne » en tissu d’écorce qui
devait retenir une coiffure noire ; à l’arrière, on
remarque des motifs noirs et blancs sur fond rouge.

Ce masque, utilisé pour des cérémonies d’initiation,
devait permettre d’invoquer des forces surnaturelles,
d’abord par ses dimensions mêmes, mais aussi par
cette combinaison frappante d’un nez blanc de
forme triangulaire et d’un corps « arrondi », présentant
sur l’arrière un décor coloré.

On ignore la
nature exacte des cérémonies traditionnellement
associées à ce masque (sauf qu’il s’agissait d’initiations),
mais on peut penser que la confection de cet
objet et le déroulement des danses exigeaient des
précautions rituelles. Lors de la présentation d’une
version moderne de ce masque dans le cadre du
Cultural Festival 2000, les danseurs, munis de boucliers
de danse légers, exécutaient des mouvements
évoquant des oiseaux, ce qui laisse penser que ce
masque était complété par au moins un autre type
d’accessoire rituel.