Seul masque connu de Sio

Seul masque connu de Sio

Sur ce seul masque en bois connu de l’île de Sio (Dorfinsel), les couleurs et les motifs faciaux sont
encore visibles mais ne permettent pas déterminer quel être mythique mariam est évoqué. Son style le
rapproche davantage des masques de nausang des Kilenge (Nouvelle-Bretagne) que de ceux des îles Tami.

Les êtres mythiques de cette envergure se produisaient
rarement lors des cérémonies, sauf pour de
très grandes occasions comme l’initiation du premier
fils d’un chef important. Tout le village devait alors
être suffisamment fort pour accueillir un être d’une
telle puissance et lui offrir de grandes quantités de
nourriture. Voix de l’être mythique, le rhombe terrifiait
par son vacarme les garçons sur le point d’être
initiés.

Le rite local de l’initiation consistait à se faire
manger par le mariam et à revenir au village quelque
temps plus tard en tant qu’homme initié. Les danses
des masques mariam étaient proscrites à la vue des
femmes et des non-initiés. Malgré cet interdit, les
femmes connaissaient les motifs du mariam appartenant
à leur famille. Chez les Kilenge, les femmes
enceintes étaient conduites auprès du nausang
(nom kilenge du mariam) pour recevoir sa marque
sur leur ventre et garantir la naissance d’un enfant
en bonne santé [1]. Très puissant, le mariam prononçait
les condamnations à mort. Le masque en bois, plus
large qu’un visage humain, dansait avec un
costume bourré d’herbe, si bien qu’il terrifiait les
spectateurs par sa puissance.

[1Gerbrands, communication personnelle.